La préparation au concours de pompier professionnel se joue sur trois terrains : l’écrit, le sport et l’oral. Le concours SPP est un concours de rang. Obtenir la moyenne ne suffit pas, il faut figurer parmi les meilleurs candidats de la session.
Ce guide reprend les voies d’accès, les conditions à remplir, le contenu de chaque épreuve et la façon de s’organiser jusqu’à l’inscription sur liste d’aptitude.
Comprendre le concours SPP : grades, catégories et voies d’accès

En 2024, 43 400 sapeurs-pompiers professionnels sont engagés sur le territoire hexagonal et ultramarin, selon le ministère de l’Intérieur. Leurs missions rejoignent celles des sapeurs-pompiers volontaires : incendie, secours d’urgence, protection contre les accidents et catastrophes, évaluation des risques technologiques ou naturels.
La filière relève de la fonction publique territoriale et compte sept cadres d’emplois répartis en trois catégories, rappelle le CNED.
| Catégorie | Cadres d’emploi |
|---|---|
| A | capitaine, commandant, lieutenant-colonel et colonel |
| A | médecin et pharmacien |
| A | infirmier d’encadrement |
| B | lieutenant |
| B | infirmier |
| C | sous-officier |
| C | sapeur et caporal |
Le cadre d’emplois des sapeurs et caporaux réunit les grades de sapeur, caporal et caporal-chef, précise le ministère de l’Intérieur.
Trois voies mènent au métier. Le concours externe s’adresse aux candidats civils qui remplissent la condition de diplôme, le concours interne aux fonctionnaires et agents publics déjà en poste, l’examen professionnel aux sapeurs-pompiers en fonction qui changent de grade. Le SDIS 83 rappelle qu’un recrutement sans concours existe aussi, après trois ans d’expérience comme SPV, JSP, volontaire civil ou sapeur-pompier militaire.
Les concours de non-officiers, caporal et sergent, sont organisés à l’échelle régionale, ceux d’officiers à l’échelle nationale, précise le SDIS 44. Chaque service départemental d’incendie et de secours (SDIS) ouvre ses sessions selon ses besoins, parfois en se regroupant avec d’autres pour un concours commun. Les sessions ouvertes varient donc d’un département et d’une année à l’autre.
Vérifier ses conditions d’accès avant de s’inscrire
Les conditions générales sont communes à tous les grades :
- nationalité française ou d’un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen ;
- plus de 18 ans au premier jour du concours ;
- jouissance de ses droits civiques et bonne moralité ;
- Journée défense et citoyenneté effectuée pour les moins de 25 ans ;
- bulletin n°2 du casier judiciaire sans mention incompatible avec la fonction ;
- aptitude physique et médicale, vérifiée par un médecin habilité à l’issue du concours.
Le diplôme dépend du grade visé. Le SDMIS demande un niveau 3 au minimum, CAP ou BEP, pour le caporal, un niveau V (Bac +2) pour le lieutenant et un niveau VI (Bac +3 ou +4) pour le capitaine. Les intitulés de niveaux varient d’une source à l’autre, la nomenclature des qualifications ayant changé : c’est le diplôme lui-même qui fait foi. Le ministère de l’Intérieur confirme l’ouverture du concours externe de lieutenant de 1re classe à tout titulaire d’un Bac +2 ou d’une qualification reconnue équivalente.
Les SPV disposent d’une seconde voie vers le grade de caporal : un engagement de sapeur-pompier volontaire, trois ans de services effectifs et la formation initiale de SPV de 2e classe validée.
Le cadre d’emplois des lieutenants compte trois grades : 2e classe par concours interne ou examen professionnel, 1re classe par concours externe, interne ou examen professionnel, hors classe par examen professionnel uniquement.
Les épreuves écrites d’admissibilité
Pour le caporal, l’admissibilité repose sur deux épreuves obligatoires : un QCM de compréhension de texte et un QCM de mathématiques.
L’épreuve de mathématiques dure une heure et comporte en général vingt exercices concrets : calculs de débits, conversions de litres en mètres cubes, vitesse et temps de trajet. Le programme couvre l’arithmétique, la géométrie et les unités, calculatrice généralement interdite.
La compréhension de texte s’appuie sur un document portant souvent sur la sécurité ou les nouvelles technologies. Deux formats de questions coexistent, à réponse unique ou à réponses multiples, et c’est là que se logent les pièges.
Chez les officiers, la logique change. Le concours externe de lieutenant de 1re classe commence par une note d’analyse rédigée à partir d’un dossier d’actualité, qui demande une appréciation argumentée sur la question posée. Le ministère de l’Intérieur fixe cette épreuve à trois heures, coefficient 2, et le QCM à une heure trente, coefficient 2 également.
| Phase | Épreuve | Durée | Coefficient |
|---|---|---|---|
| Admissibilité | Note d’analyse à partir d’un dossier (sujets d’actualité) | 3 heures | 2 |
| Admissibilité | QCM (droit, finances publiques, sécurité civile, gestion des risques) | 1 heure 30 | 2 |
| Pré-admission | Tests de sport | Variable | 2 |
| Admission | Entretien jury + présentation | 25 min | 4 |
| Admission | Oral facultatif en anglais | 10 min prépa + 15 min | Optionnel |
Le concours interne reprend la même note d’analyse de trois heures, avec un QCM portant sur les activités et compétences du métier ainsi que sur la culture générale administrative. L’examen professionnel, lui, s’ouvre sur une note administrative de trois heures à partir d’un cas professionnel concret.
Les connaissances professionnelles à réviser
Le QCM du concours interne de caporal porte sur quatre thèmes fixés par le décret n°2020-1474 du 30 novembre 2020 : lutte contre les incendies, secours d’urgence aux personnes, techniques opérationnelles et culture administrative.
Le champ du SUAP est large : détresses vitales, traumatismes, malaises, bilans, relevages, brancardage et transport, secours sur accidents de la route, situations à nombreuses victimes avec le plan NOVI, hygiène et asepsie.
Côté incendie, les révisions portent sur les techniques d’attaque et d’extinction des feux, les besoins en eau et l’établissement des tuyaux, le sauvetage, la reconnaissance, le matériel et les engins, sans oublier les équipements de protection : EPI, LSPCC et ARI. Les ouvrages destinés au concours de caporal réunissent ces deux blocs, des méthodes SUAP à jour comme le bilan Xabcde aux techniques INC et de sauvetage.
Les candidats officiers ajoutent un socle administratif : droit public, questions européennes, finances publiques, sécurité civile et gestion des risques.
Les épreuves physiques de pré-admission

La pré-admission comporte trois épreuves, fixées par le décret n°2020-1474 et l’arrêté du 30 novembre 2020 : la natation, le parcours professionnel adapté et le Luc Léger.
La natation consiste à parcourir 50 mètres en nage libre sans arrêt, en maillot de bain. Non notée, l’épreuve reste éliminatoire : le ministère de l’Intérieur fixe un maximum de 50 secondes pour les hommes et d’une minute pour les femmes. Au-delà, le candidat est déclaré en échec.
Le parcours professionnel adapté se court en tenue de sport, avec une charge dorsale fixée sur un dossard d’ARI de 22 kilos à 500 grammes près. Six étapes s’enchaînent sur une piste délimitée par deux lignes espacées de 18 mètres : aller-retours, déplacement de charges de 20 kg, dix montées et descentes de banc, touches au repère puis au sol. La sixième s’arrête après quinze distances de 18 mètres validées, ou à la fin du temps imparti, soit 4 minutes pour les hommes et 5 minutes 30 pour les femmes.
Le Luc Léger, épreuve d’endurance cardio-respiratoire, se court entre deux lignes espacées de 20 mètres. L’allure augmente par palier toutes les soixante secondes, jusqu’à ce que le candidat ne puisse plus la suivre.
Pour progresser, le SDIS 70 propose aux candidats au concours de caporal un planning sur neuf mois en trois périodes, précédé d’une séance test qui fixe le niveau de départ, expert ou avancé. Sur le Luc Léger, le ministère de l’Intérieur recommande le fractionné : du 30/30, trente secondes d’effort intense et autant de récupération active, puis des séries de 30/15 et de 10/5. Sommeil, alimentation, hydratation, échauffement, étirements et récupération complètent le dispositif.
L’entretien avec le jury

L’admission se joue à l’oral, épreuve au plus fort coefficient du concours de lieutenant. En externe, l’entretien avec le jury dure 25 minutes au total, au coefficient 4. Un oral facultatif d’anglais s’y ajoute : dix minutes de préparation, quinze minutes d’entretien. En interne, l’entretien avec le jury monte au coefficient 5, tout comme l’entretien professionnel qui conclut l’examen professionnel.
Le jury réunit des cadres supérieurs de la fonction publique, expérimentés en sécurité civile, gestion des risques et ressources humaines. Le profil recherché est défini : solidité psychologique, culture générale, rigueur, esprit d’analyse et de synthèse, ouverture au monde et à ses enjeux. L’attachement aux valeurs du service public et de l’intérêt général figure parmi les prérequis attendus.
Chez les officiers, le comportement et la posture de cadre sont évalués au même titre que les connaissances.
Choisir sa préparation et construire son planning
digiSchool recommande de démarrer au moins un an avant la date des épreuves. Le premier réflexe utile consiste à mesurer son niveau réel sur des annales de sessions précédentes et des QCM, avant même de commencer à réviser.
Les formats couvrent un large spectre : de trois mois très intensifs, autour de trente heures par semaine, à neuf mois plus étalés, en ligne, en présentiel ou en visioconférence, parfois en groupes limités à six candidats. Des stages courts, de trois à cinq jours, existent en complément, concentrés sur les écrits ou sur l’oral juste avant les épreuves.
Reste à regarder le contenu d’entraînement proposé : notes d’analyse corrigées avec grille, QROC, QCM commentés, concours blancs dans les conditions du jour J, oraux blancs avec retour à chaud. Note d’analyse, QROC et QCM se travaillent en autonomie à condition de disposer d’une correction guidée, l’oral se préparant plutôt en visioconférence, par simulations.
Les ressources gratuites complètent le dispositif. Les rapports de jury, publiés par le centre de gestion du département organisateur, détaillent les compétences attendues épreuve par épreuve et les écueils à éviter ; les centres de gestion diffusent aussi les sujets d’admissibilité. Le CNFPT met en ligne une fiche de préparation au concours de lieutenant de 1re classe. Côté ouvrages, les tout-en-un combinent auto-évaluation, plannings de révisions, rappels de cours, annales corrigées et simulations d’entretien.
Après la réussite : liste d’aptitude, formation et carrière
Réussir le concours ne vaut pas recrutement. Les lauréats sont inscrits sur une liste d’aptitude, zonale ou nationale, valable deux ans et renouvelable sous conditions. Il leur revient de candidater aux avis de vacance d’emploi des SDIS, la nomination s’accompagnant d’une affectation en centre de secours ou dans un service du SDIS, décrit le SDIS 83.
La formation initiale suit. Les caporaux stagiaires rejoignent une école départementale d’incendie et de secours (EDIS) pour environ quatre semaines. Les lieutenants stagiaires entrent à l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) d’Aix-en-Provence, pour un cursus de dix-huit mois dont neuf à l’ENSOSP disponibles. Les durées annoncées pour cette partie ENSOSP varient de trente-six semaines à neuf mois, deux ordres de grandeur cohérents.
L’évolution passe ensuite par l’avancement d’échelon ou de grade : caporal-chef puis sergent par concours interne ou examen professionnel, lieutenant hors classe puis capitaine, commandant, lieutenant-colonel et colonel.
Côté rémunération, les chiffres disponibles ne proviennent pas de sources officielles et méritent d’être recoupés avec la grille indiciaire. Ils situent le traitement indiciaire brut mensuel du lieutenant entre 1 600 et 2 700 euros environ selon le grade et l’échelon, ce grade comptant treize échelons. S’y ajoutent des indemnités variables : feu, responsabilité, spécialité, logement, travail supplémentaire, assiduité et technicité.
Par où commencer concrètement
Repérez d’abord les SDIS qui ouvrent une session sur le grade visé, puis les modalités publiées avec l’avis de concours.
Prenez ensuite deux repères chiffrés : une épreuve écrite chronométrée sur annales et une séance test physique. Posez enfin un planning sur douze mois, en calant le fractionné, la production écrite corrigée et la lecture des rapports de jury. Sur un concours de rang, c’est la place au classement qui décide.

Foire aux questions
Quelles sont les épreuves du concours de pompier professionnel ?
Trois phases se succèdent. L’admissibilité regroupe les écrits : QCM de compréhension de texte et de mathématiques pour le caporal, note d’analyse et QCM pour le lieutenant. La pré-admission réunit les épreuves physiques. L’admission repose sur l’entretien avec le jury, parfois complété d’un oral d’anglais facultatif.
Quelles sont les épreuves physiques du concours de sapeurs-pompiers professionnels ?
La natation ouvre la série, sur 50 mètres nage libre : non notée mais éliminatoire, avec 50 secondes maximum pour les hommes et une minute pour les femmes. Le parcours professionnel adapté enchaîne six étapes avec une charge dorsale de 22 kilos. Le Luc Léger mesure l’endurance cardio-respiratoire.
Comment se préparer au concours de pompier professionnel ?
Quatre chantiers sont à mener en parallèle : matières académiques et connaissances professionnelles, dont le SUAP et les techniques INC, méthodologie propre à chaque épreuve, entraînement physique progressif et travail de l’oral. Les épreuves blanches en conditions réelles permettent de mesurer les progrès.
Quel parcours scolaire ou diplôme faut-il pour devenir pompier professionnel ?
Le concours de caporal demande un diplôme de niveau 3 : brevet, CAP ou BEP. Le lieutenant de 1re classe exige un niveau V, soit un Bac +2. Le capitaine réclame un niveau VI, correspondant à un Bac +3 ou +4.
Quelles sont les étapes pour devenir pompier professionnel ?
Vérifier son éligibilité, s’inscrire, réussir les trois phases du concours. Les lauréats figurent ensuite sur liste d’aptitude, candidatent à une vacance de poste en SDIS, puis suivent la formation initiale, en EDIS pour les caporaux et à l’ENSOSP pour les officiers, avant titularisation.
Le concours de pompier professionnel est-il difficile ?
C’est un concours de rang : obtenir la moyenne ne garantit rien, il faut se classer parmi les meilleurs de la session. La sélection porte sur trois volets simultanés, écrit, physique et oral, ce qui interdit d’en négliger un.
Quel est le taux de réussite au concours de pompier professionnel ?
Aucune source officielle ne publie de taux de réussite national vérifié. Certains organismes privés avancent des pourcentages élevés pour leurs propres candidats, mais ce sont des statistiques commerciales non auditées, à considérer avec prudence.
Combien de temps faut-il pour préparer le concours de sapeur-pompier professionnel ?
Les préparations observées vont de trois mois très intensifs, autour de trente heures par semaine, à neuf mois en format plus souple. Un démarrage au moins un an avant les épreuves est généralement recommandé.
Quelles sont les conditions générales pour s’inscrire au concours de pompier professionnel ?
Être français ou ressortissant de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, avoir au moins 18 ans, jouir de ses droits civiques, présenter un bulletin n°2 compatible avec la fonction, avoir effectué la Journée défense et citoyenneté avant 25 ans et remplir les conditions d’aptitude physique et médicale.
Quelle est la différence entre concours externe, concours interne et examen professionnel pour devenir pompier ?
Le concours externe est ouvert à tout candidat civil remplissant la condition de diplôme. Le concours interne est réservé aux fonctionnaires et agents publics, avec généralement au moins quatre ans de service. L’examen professionnel sert à l’évolution de grade des sapeurs-pompiers déjà en poste.
Sources
- Épreuves physiques des concours de sapeurs-pompiers professionnels – securite-civile.interieur.gouv.fr
- 84-fiche-prepa-lieutenant-1ere-classe-spp-concours.pdf – cnfpt.fr
- Préparation physique aux épreuves de concours – sdis70.fr
- Devenir sapeur – sdmis.fr
- Les concours de la fonction publique territoriale : la filière des sapeurs – cned.fr
- Devenir sapeur pompier professionnel – sdis44.fr

